Wiltor, Abbie, et le Petit chaperon rouge

………………………En ce début d’année, un petit conte pour bien démarrer.

C’est l’histoire d’un loup et d’un Petit chaperon, rouge de son état… Vous voyez de quoi ou de qui je veux parler ?

Le Petit Chaperon rouge est un conte de tradition orale d’origine française, surtout connu par le biais de deux versions retranscrites et interprétées par les moralistes Charles Perrault en France et les frères Grimm en Allemagne.

Les paysans français racontaient l’histoire dès le XIVe siècle. L’une des versions orales du conte est des plus sanglantes : le Loup, arrivé chez la Mère-grand, la dévore en en gardant toutefois un peu de côté, et prend sa place. La petite-fille arrive et, ne se doutant de rien, obéit à la fausse grand-mère lui disant de manger un peu de viande et de boire un peu de vin, en fait la chair et le sang de l’aïeule (la petite-fille s’interrogerait même quant aux dents présentes dans la chair, question à laquelle le Loup lui répondrait qu’il s’agit de haricots).

Une version de l’histoire du Petit Chaperon Rouge est sculptée au Palais Jacques-Cœur à Bourges (France), palais du XVe siècle, ce qui atteste encore de l’ancienneté de ce conte populaire.

Versions de Charles Perrault

La plus ancienne version retranscrite et figée est celle de Charles Perrault, parue dans Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités le . Cette version sera plus malheureuse et moralisatrice que celles qui suivront. L’héroïne en est une jeune fille bien élevée, la plus jolie du village, qui court à sa perte en donnant au loup qu’elle rencontre dans la forêt les indications nécessaires pour trouver la maison de sa grand-mère. Le loup mange la vieille dame en se cachant des bûcherons qui travaillent dans la forêt voisine. Il tend ensuite un piège au Petit Chaperon rouge et finit par la manger. L’histoire en finit là, sur la victoire du loup. Pas de fin heureuse pour l’héroïne, la morale de Perrault est sans appel.

Versions des frères Grimm

Au XIXe siècle, dans cette version, la fillette et sa grand-mère sont sauvées par un chasseur qui suivait la piste du Loup. La suite montre la fillette et sa grand-mère piégeant et tuant un autre loup, anticipant ses gestes grâce à l’expérience acquise au cours de la première histoire. Les frères Grimm modifièrent l’histoire dans les éditions postérieures, jusqu’à atteindre la version la plus connue dans l’édition de 1857. Cette version édulcorée, largement répandue, raconte l’histoire d’une petite fille qui traverse la forêt pour apporter un morceau de galette, du beurre à sa grand-mère. En chemin, la fillette fait la rencontre d’un loup, qui la piège à la fin et la dévore elle et sa grand-mère. Un chasseur vient néanmoins pour les sauver en ouvrant le ventre du Loup. Le Petit Chaperon rouge et sa grand-mère en sortent saines et sauves.

 

Source : Wikipedia

Voici la version de Charles Perrault :

Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien que partout on l’appelait le petit Chaperon rouge.
Un jour sa mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit : « Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade, porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. » Le petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre village. En passant dans un bois elle rencontra compère le loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques bûcherons qui étaient dans la forêt. Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un loup, lui dit : « Je vais voir ma mère-grand, et lui porter une galette avec un petit pot de beurre que ma mère lui envoie. »
— Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le loup.
— Oh ! oui, dit le petit Chaperon rouge, c’est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du village.
— Hé bien, dit le loup, je veux l’aller voir aussi ; je m’y en vais par ce chemin ici, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. »

Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.
Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la mère-grand ; il heurte : Toc, toc. « Qui est là ?
— C’est votre fille le petit Chaperon rouge (dit le loup, en contrefaisant sa voix) qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. »
La bonne mère-grand, qui était dans son lit à cause qu’elle se trouvait un peu mal, lui cria : « Tire la chevillette, la bobinette cherra. »
Le loup tira la chevillette, et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la bonne femme, et la dévora en moins de rien ; car il y avait plus de trois jours qu’il n’avait mangé. Ensuite, il ferma la porte et s’alla coucher dans le lit de la mère-grand, en attendant le petit Chaperon rouge, qui quelque temps après vint heurter à la porte. Toc, toc. « Qui est là ? »
Le petit Chaperon rouge, qui entendit la grosse voix du loup, eut peur d’abord, mais croyant que sa mère-grand était enrhumée, répondit : « C’est votre fille le petit Chaperon rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. » Le loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : « Tire la chevillette, la bobinette cherra. » Le petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la porte s’ouvrit.
Le loup, la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture : « Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi. » Le petit Chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa mère-grand était faite en son déshabillé. Elle lui dit : « Ma mère-grand, que vous avez de grands bras !
— C’est pour mieux t’embrasser, ma fille.
— Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes !
— C’est pour mieux courir, mon enfant.
— Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles !
— C’est pour mieux écouter, mon enfant.
— Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux !
— C’est pour mieux voir, mon enfant.
— Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents !
— C’est pour mieux te manger. »
Et en disant ces mots, ce méchant loup se jeta sur le petit Chaperon rouge, et la mangea.

Peu importe les versions, la morale est facile à cerner, sous forme de recommandations. Depuis des décennies, ce conte est raconté aux petits pour leur expliquer qu’il faut faire attention aux inconnus.

En fin d’année j’avais un loup sous la main, 2 poupées fillettes terminées peu de temps avant, la tentation fut grande de les mettre en scène. Voici donc ma version de ce conte. Une version encore plus édulcorée et arangée à ma façon :

Au détour d’un bois, un loup nommé Wiltor rencontra une jolie fillette tout de rouge vêtue. Il pensa aussitôt avoir reconnu le fameux Petit chaperon rouge. Celui dont on parlait dans les livres et qu’il rêvait de rencontrer.

– Bonjour Petit chaperon rouge. Je m’appelle Wiltor. Je suis heureux de faire enfin ta connaissance.

-Que nenni, Wiltor, je ne suis pas le Petit chaperon rouge, je m’appelle Abbie. Ma jolie robe rouge porte à confusion, certes, mais je t’assure que tu te trompes de petite fille. Je m’en vais par le bois ramasser des châtaignes pour ma maman…

Wiltor sembla convaincu et après avoir échangé quelques mots avec Abbie, la laissa partir. Après tout, cette petite fille était bien mignonne, mais c’était le Petit chaperon rouge qui l’intéressait…

Bien déçu, Wiltor continua d’errer dans le bois, espérant de tout son cœur…

Et puis, soudain, parût une fillette enchaperonnée de rouge…

-Bonjour fillette. Je suis Wiltor le loup. Ne serais-tu pas celle que l’on surnomme le Petit chaperon rouge ?

-Tout à fait Wiltor ! Comment le sais-tu ?

-Ton Chaperon rouge est célèbre. On parle de toi dans tous les livres pour enfants…

-Je ne le savais pas… Mais je ne dois ni dévoiler mon nom aux inconnus, ni leur parler… Il paraît que cela peut être dangereux.

-Ah, mais tu peux avoir confiance en moi ! Je ne te veux aucun mal. Je voulais juste te rencontrer et faire un brin de causette. Il paraît que l’on peut faire un joli duo toi et moi. Et bien c’est vrai, ma foi.

Après avoir tous deux bavardé quelques instants, Wiltor dit au revoir à sa nouvelle amie.

-Et où pars-tu Wiltor ?

-Je vais rejoindre un petit garçon qui va bien s’occuper de moi. Et je veillerai sur lui car je suis un gentil loup. Je suis certain que nous deviendrons les meilleurs amis. Et toi, que vas-tu faire à présent ?

-Et bien, je vais rejoindre ma maman. Elle m’a crée, elle prendra soin de moi. Mais peut être qu’un jour nous nous rencontrerons de nouveau… qui sait ?

Moralité de l’histoire : quand un gentil loup rencontre 2 jolies fillettes, ils se racontent des histoires… de contes.

Crédits :

Wiltor le loup : d’après un modèle de Ligne rétro, issu du livre Doudous addicts au crochet, de Virginie Karakus.

Les poupées Abbie et le Petit chaperon rouge : modèle de Stella Mespetitesrécréations.


14 réflexions sur “Wiltor, Abbie, et le Petit chaperon rouge

  1. Quel plaisir Stella de lire cet article. Tu as vraiment le don pour raconter de belles histoires, j’ai pris un immense plaisir à découvrir ou re-découvrir les différentes versions. C’est bien sûr celle de Grimm qui a ma faveur.
    Merci beaucoup !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Sabrina. C’est avec plaisir que j’essaie de renouer avec vous avec cette fameuse âme d’enfant. Ces petites régressions nous font, je pense, beaucoup de bien 🙂
      Si c’est réussi, j’en suis bien contente. Cette année, il y aura plusieurs occasion de (re)découvrir de jolies histoires.

      J’aime

  2. mon dieu STELLA comme c ‘est joli tout ça !!!! je suis bouche bee!! que d’imagination : une ame d »enfant on decouvre !!!!!!j’ai adore tes petits contes …….et leur denouements !!!!!! BRAVO a toi ; pour ce petit moment de tendresse !!!!
    tout mignon tes poupees et ton loup …. qui ne faira plus peur aux enfants genial!!!!!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Marie-Thérèse. Je suis contente que ce petit moment t’ai plu. Et oui j’ai gardé mon âme d’enfant. Je crois que c’est même de pire en pire en vieillissant 🙂
      Le loup ne fait vraiment pas peur, je te confirme. Il est à présent auprès d’un petit garçon de tout juste 4 ans qui en prend soin. 🙂 Les poupettes se sentent un peu seules sans lui… Ils étaient si mignons tous ainsi réunis…

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